FAQ / LE JOUR ET LE JOUR D’APRES

1Concernant la couverture du roman

A travers cette couverture de Abdel Belhadi, je voulais souligner la thématique du « départ », puisque ce livre vous emmènera toujours quelque part et souvent vers des univers et des mondes insoupçonnés. Où vais-je vous emmener ? C’est une question légitime à poser. Je laisse à chacun de vous la liberté de s’embarquer avec moi, vers les différents lieux et univers où je vous emmène, en fonction des différents stades du roman et je serai là, à travers ce site, au moment de votre « retour ».

2Concernant le titre du roman

Ce roman, publié le 07 Octobre dernier, était censé paraître sous le titre de « Rêves d’aurore », et bien avant cela, sous d’autres titres, dont « Histoires d’une bague en jade ».

« Le jour et le jour d’après » est un roman en deux temps, d’où son titre.

3Concernant les thèmes traités dans le roman

Nous ne lirons pas tous ce roman de la même manière, ni de la même manière entre les lignes, d’où l'idée de créer ce site, comme espace favorisant le débat.

Ce roman s’appuie sur plusieurs thèmes et en premier lieu, le thème central de l’union amoureuse, vécue comme une union spirituelle, voire même comme une émancipation ou une épreuve initiatique.

L’union spirituelle est la trame constante du roman, mais il y a aussi en général, un consensus autour des thèmes connexes qui sont :

les après-Révolutions dans les pays du printemps arabe et le nouveau visage social et sociétal de ces pays,

Le voyageur qui se fend dans le monde,

Le regard extérieur de la société et son jugement,

le discours religieux et ses limites,

La foi et le repentir,

la morale des Hommes et le statut de la femme

le sens de la vie

4Au-delà du texte de la quatrième de couverture

Par deçà et au-delà de la foi, de l'obscurantisme, du printemps arabe et de ses retombées, d’une certaine élite qui déprime et qui baisse les bras …

Par deçà et au-delà du poids des interdits et de la condition des femmes en Orient, deux Égyptiens : Idriss, un homme d’un certain âge, angoissé par l’idée de mourir ; et une jeune femme, Sofia, qui a du mal à assimiler et à admettre son discours.

Deux personnages qui se rencontrent et se rejoignent autour de leurs choix atypiques en commun et d’une certaine nostalgie pour le Caire qu’ils ont quitté pour vivre et s’établir dans l’atmosphère paisible de Casablanca.

Deux Égyptiens à Casablanca donc, et une rencontre sur fond de malaises psychologiques de part et d’autre d’une équation rendue apparemment impossible, voire socialement réprimée et condamnée, peut-être même à tort, d’ailleurs.

Un aéroport. Un avion. Un Christ et des confidences à ses pieds.

Des regrets par-ci, des rêves par là. Ainsi va commencer le jour : une histoire d’amour. Une passion. Une passion infinie, ardente, dévorante.

Tout va les unir, mais il faut bien que quelque chose à la hauteur de cette passion les sépare. Pas quelque chose d’anodin. Quelque chose de plus fort. Une dimension supérieure. Un vecteur d’importance. C’est alors que commencera le jour d’après avec une approche pour le moins inattendue.

5Pourquoi la projection en Egypte ?

Que veut dire aimer sa patrie en général ? Si on ne fait rien pour la mère-patrie, qu’on croit ne rien pouvoir faire, que l’on sent qu’on « compte pour Epsilon », qu’on n’a pas les moyens de faire quelque chose, et si on se met dans une situation d’incapacité, de passivité, on ne peut que se projeter ailleurs, comme en Egypte, par exemple. Peut-être que même en Egypte, on sera mal à l’aise, et qu’on quittera l’Egypte pour Casablanca, puis Casablanca pour un tour du monde.

Les personnages principaux portent en eux les stigmates de l’abdication politique. Dans l’attente d’un retour à une dynamique de vie plus satisfaisante, le temps lent ponctué de temps-morts qu’est le temps indéfini que prendra la Révolution, les conduit à alimenter leur quotidien et à le nourrir d’autres choses, dont leur union spirituelle.

L’Egypte est donc la société miroir qui va permettre au lecteur de porter son jugement sur la Révolution, tout en assurant une liberté de point de vue au lecteur. En tant qu’auteur, cela va me permettre de me détacher, de n’être d’aucune manière juge et parti de la situation. On peut donc conclure que le domaine politique n’est que le reflet de l’époque et que c’est un arrière-plan comme un autre, une manière de « laisser s’exprimer chaque période de l’histoire ».

6De l'autobiographie à la fiction

Plusieurs passages du livre sont inspirés du réel, mais « Le jour et le jour d’après » reste un roman sentimental en premier lieu, et bascule vers le fantastique à sa fin. N’étant pas une autobiographie, même si il rappelle mon propre vécu à plusieurs titres, il était nécessaire pour moi, de me distancer par rapport à moi-même, car il est extrêmement difficile, risqué et nuisible à l’écriture de ne se projeter que dans soi-même, comme il est difficile de se dévoiler tout à fait dans l’écriture. Cela revient à dévoiler intégralement son univers, ce qui ne peut être le fruit d’un seul roman, puisque le roman exige une épuration du contenu. De même, écrire sur soi sans se nourrir du regard du monde contraint à prendre des pauses longues si le cours de la vie est plus lent que le rythme du roman.

Il me fallait ainsi me détacher des cancans fragiles pour observer de loin le récit, me détacher et rester modérée dans le propos. Ce reflet et ce miroir que je peux être ou ne pas être offre une vue d’ensemble plus intéressante. Grâce à cette observation au loin, enfin, le lecteur va se laisser aller avec le roman et pourra rentrer dans son cadre.

7L'écrivain voyageur

Le voyage est omniprésent, mais tourne autour d’un vieux rêve, celui de revoir les aurores boréales. « Le jour et le jour d’après » est un tour du monde en deux jours, plus précisément en deux temps. Mais que vaut un tour du monde sans le reste de l’univers créé et mis en scène ? Rien, sans une graine de fantastique.

8Et les personnages du roman ?

Certes, Sofia et Idriss accaparent le roman, mais il y’a à côté d’eux une multitude de personnages secondaires intervenant sur des temps courts, qui sont les temps nécessités par le récit, sans plus. Ces personnages entrent sur scène le temps de leur nécessaire survie uniquement, et ce mouvement répond aux besoins du récit. Ces personnages servent le récit à travers le regard qu’ils portent aux évènements et aux personnages. Par exemple, Enrique, le gitan, est une incarnation de l’idéal. de même, Carmen, qui ne vit que l’espace de quelques lignes incarne l’idéal absolu de Sofia. Le lecteur se fera donc son idée à travers ces deux personnages du personnage principal dans sa plus grande pureté.

Lugo est un personnage qui exprime une certaine culpabilité. Il est un miroir de la société, avec sa mauvaise conscience qu’il garde pour lui-même et aussi, un mutisme qui le protège et qui protège ses secrets intimes. Lugo est le parfait exemple de quelqu'un qui reste dans une certaine parenthèse consciente. Il se juge. Il ne juge pas fondamentalement autrui même si il peut se permettre d’avancer quelques conclusions sur leur cas. Il est très conscient de ne pas être parfait

Il vit une belle histoire avec Juliet qui est racontée, mais Juliet n’est pas un personnage vraiment incarné. Juliet est une métaphore de la femme, de comment la femme doit être traitée.

9Pourquoi mettre en scène un personnage fanatisé ?

Le récit tourne souvent autour de la foi. Le discours religieux devait avoir sa place. Ahmed est un jeune fanatisé, mais ce n’est pas un fanatique pur. Ce personnage va contrebalancer les vues du monde de Sofia et d’Idriss, dont le degré de croyance est à déterminer par le lecteur. Je ne cherche pas à justifier le fait d’être non croyant. C’est une liberté et un choix personnels. Je n’attaque à aucun moment les croyances d’autrui, mais je me moque pourtant ouvertement du niqab et de l’hypocrisie religieuse et j’attire l’attention sur le danger du fanatisme montant. Idriss peut être perçu comme un athée, mais il doute pourtant et l’hypothèse de l’existence de Dieu le guide et fait de lui un homme bon. Sofia reste également indéterminée dans sa croyance profonde. Probablement agnostique au départ, au final, elle se repent et expérimente rédemption. A sa manière.

Au final, Ahmed traduira une vision extrême du couple Sofia Idriss, à travers la mise en parallèle des deux bornes possibles de la liberté de penser et la médiane où se situera probablement le lecteur. La plupart des personnages non évoqués ici joueront le même rôle de gradation dans le jugement, avec souvent des monologues de Sofia et d’Idriss et un regard autocritique des personnages le long de l’intrigue.

10Est-il vraiment question de mort dans ce roman ?
Ce sont des vues de l’esprit. Chaque lecteur est en droit de se projeter dans ce qui l’agrée.
11Y aura-t-il une suite à ce roman ?
J’ai écrit « Le jour et le jour d’après » avec beaucoup d’ouvertures. Donc, oui, si le public le réclame.
12Points forts de « Le jour et le jour d’après »

La fiction

La fiction désigne l’univers créé et construit par l’auteur au fil du texte. L’histoire, les personnages, l’espace/temps. Du point de vue auteur, toute l’histoire réfère à mon univers et ne peut être comprise qu’en référence à mon mode de saisie du monde. Nombre de récits se veulent réalistes ou en prise sur le réel en racontant ce qui est censé s’être passé, mais il s’agit en vérité d’effets du réel produits au travers du texte par divers procédés. Les personnages d’un roman n’existent que dans notre univers et ne sont constructibles que par notre vision du texte qu’on lit. Penser que j’ai mis plus de choses que cela dans le livre revient à dire que je me serais nourrie uniquement de mon quotidien, alors que ce quotidien était souvent morne. Il y a dans tous les récits un mélange de récit réel et de vrai/Faux, réel/imaginaire mais que l’histoire soit vraie ou fausse, elle reste au final une fiction, d’autant que l’écrivain prend toujours la liberté fondamentale de se construire textuellement une image face à son lecteur et de jouer avec celle-ci selon la compréhension qui va en être faite par le public qui lira le livre et les sensibilités de ce public. Ce public à qui le roman est adressé, ses formes et ses sensibilités sont infinies. Il va vite noter l’écriture en « Je » et cela va lui faire croire que je raconte mon propre vécu. Le narrateur est pourtant la régie de contrôle. C’est aussi un rôle que je joue en racontant l’histoire à travers la fonction testimoniale, et la fonction évaluative. Je porte mon propre jugement sur l’histoire et cela crée un mélange de vrai et de faux où il appartient in fine au lecteur de déterminer ce qui est le plus crédible à ses yeux.

Le temps

  • Construit un effet du réel,
  • Temps imaginaire, atemporel, mais le lecteur y adhère,
  • Temps brouillé, sans repères en dehors de la Révolution.

Les lieux

  • Ils vont fonder l’ancrage réaliste ou non réaliste de l’histoire,
  • Ils vont ancrer le récit dans le réel ou dans l’univers de l’écrivain, et je pense, surtout, dans l’univers psychologique de l’écrivain.

Les actions

Les actions sont multiples et leur nature tient à la psychologie des personnages. On passe par plusieurs niveaux d’actions classiques :
  • Etat initial /Eventualité
  • Forces perturbatrices
  • Non passage à l’acte
  • Dynamique
  • Résolution
  • Force équilibrante
  • Passage à l’acte
  • Achèvement/ inachèvement
  • Accélération brusque et chute finale.

Ou de façon plus détaillée

  • flash-back de Sofia
  • situation initiale
  • interdiction
  • transgression
  • complicité
  • contraintes
  • re-transgression
  • obstacles
  • combat interne / monologues attardés
  • poursuite de la relation et tâche difficile
  • 3é transgression
  • L’ellipse, degré ultime de l’accélération va apporter une transformation dans le genre et le récit à travers une accélération brutale et avec une dynamique d’une fraction de seconde, mais le lecteur étant parti sur ses propres anticipations, il ne va probablement pas la voir venir.
  • Chute finale
  • Tendance à la réflexion, au ralentissement du récit
  • Livre ouvert dans sa conclusion. Suspense demeurant actif : j’ai fini par une séquence à risque pour le lecteur sur un personnage, voire deux personnages sympathiques et j’ai laissé cela ouvert.

Le mouvement du récit

Le romancier pour donner des effets, peut accéder à sa guise (Les ellipses) ou ralentir le récit.
  • Un récit dynamique qui captive le lecteur jusqu’à la fin tant au niveau du fond que de la forme
  • Un récit dynamique par le dialogue
  • Des rebondissements maîtrises pour ne pas égarer le lecteur en route.
  • Effets de style et approches variées pour créer de la dynamique et pour intégrer des respirations dans le récit, tout en restant cohérent sur les détails et dans le propos.
  • Des références culturelles choisies
  • Un fond politique miroir de l’époque et donc, une référence historique.
  • Le texte raconte N fois ce qui pouvait être raconté une seule fois et cela donne une vie psychologique aux personnages et aux événements et met en lumière les différentes perceptions psychologiques et les différentes interprétations de ce réel de la fiction.

Les personnages

Les personnages sont la trame organique du livre. Ils ont un rôle essentiel dans le roman et l’organisation de l’histoire. Ils permettent les actions, les subissent, les assument, et sont donc les éléments clef de la projection du lecteur qui pourra les aimer ou pas, mais qui devra les suivre jusqu’au bout s’il considère que le roman est abouti. La force des deux personnages principaux, Sofia et Idriss vient du fait que ce sont, si on peut dire ainsi, des personnages complets.
  • Ils ont chacun un rôle important dans le roman,
  • Ont des interdépendances absolues,
  • Apparaissent dans leur plus grande intimité et même dans leurs monologues secrets,
  • Portent des marques, mais des marques rattachées à leurs univers, leur psychologie,
  • Sont appréhendés dans l’intimité de leurs pensées profondes, dans leur vie sentimentale, leurs blessures, leurs manques, leurs malaises psychologiques, leur complicité, leurs univers communs, leurs pensées profondes et même leurs codes,
  • Ce sont aussi des personnages focalisateurs et le lecteur va avoir l’impression de tout percevoir à travers leurs yeux, même si ces personnages sont fictionnels et ne font que raconter l’histoire.
  • Ils sont donc mis totalement à nu tout en conservant non pas un mystère, mais un caractère imprévisible.
  • Idriss est doté du charisme. Sofia est dotée de la fragilité. On a envie de les suivre vu leurs différences et aussi, vu la façon dont ils sont synchronisés malgré ces différences.

Les points forts du roman

  • Fait rêver à travers le voyage qui est presque une toile de fond, un décor récurrent,
  • Le texte construit un univers magique mais si précis et si réaliste qu’on va y croire,
  • Un va et vient si précis et si réaliste qu’on va y adhérer et y croire pour s’inscrire dans le rêve,
  • Les lieux révèlent des voyageurs insatiables et annoncent de façon indirecte la suite des évènements,
  • Histoire attachante capable de faire rêver, mais aussi de faire pleurer,
  • Personnages attachants,
  • Déclenche l’émotion,
  • Ménage le suspense jusqu’à la dernière ligne,
  • Maintient le lecteur en haleine du point de vue fond et forme,
  • Le scenario est dévoilé petit à petit à la manière d’un film, avec des flash-back temporels,
  • Tous les personnages qui entrent en scène ont un rôle à jouer. Je leur accorde le temps du récit,
  • Le roman fait l’éloge de la réflexion et du temps qui passe et cette réflexion prend souvent le pas sur l’action,
  • Le lecteur est emmené sur différentes pistes et dans différents projets (surprises, dénouements insoupçonnés),
  • Plusieurs thèmes sont explorés en parallèle, mais toujours de façon secondaire pour ne pas entraver le développement de l’idée principale, l’union spirituelle en tant que trame constante du livre.
13Difficultés rencontrées et obstacles surmontés lors de l'Ecriture
  • Roman transgenre et cela ne rendait pas facile son positionnement. Je ne me sens à l’aise que dans la pluralité des formes littéraires. Passer du roman au discours à l’essai est ma forme privilégiée mais cela a des exigences très strictes et vraiment multiples. J’ai beaucoup aimé donner libre cours à mes fantasmes d’auteur en basculant d’une discussion réelle vers le fantastique.
  • L’ancrage en Egypte, qui a nécessité des recherches fastidieuses,
  • Un travail très lent du à la première expérience. Cela m’a pris du temps de savoir abandonner certaines idées même si elles étaient également porteuses et de me focaliser sur l’union spirituelle qui reste l’histoire forte et l’idée porteuse du livre,
  • Une trame du livre spontanée, non étudiée.
  • Beaucoup de temps morts et une tendance à l’autocensure parfois, mais vite repêchés par d’autres ouvertures sur le monde (beaucoup de lectures, des écoutes musicales servant le livre, la documentation, le fait de s’être nourrie des expériences vécues, de petites et de grandes rencontres, des anecdotes, et surtout des émotions diverses que j’ai pu vivre qui vont des joies aux peines, aux bonheurs et aux colères.)
  • Le syndrome de la page blanche qui pouvait durer longtemps en l’absence de trame claire, même si je l’apprécie à sa juste valeur en tant que temps de maturation nécessaire pour reprendre la suite où je m’installe généralement dans des réflexions sur le devenir des personnages et la suite de la trame du livre,
  • M’être ancrée sous identité anonyme très tôt et aussi, avoir toujours travaillé et fonctionné ainsi.
  • Des structures complexes en début de roman, pouvant rendre la lecture difficile et stopper le lecteur, mais cela était nécessaire pour démontrer la maitrise de la langue.
14Lectures transversales
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